Marina Niava, jeune, ivoirienne, est une mordue de cinéma. Titulaire d’un BAC+4 en Journalisme et Production audiovisuelle, elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle s’active à valider un Master des Beaux-arts en Film et Télévision. A 30 ans, notre interviewée occupe le poste de Cinéaste et Responsable de la création dans une entreprise de distribution de contenus audiovisuels. Notre passionnée de l’Entertainment pose ses valises à Yerfyland et nous plonge dans son univers.

1. Qu’est-ce qui vous passionne ?
La création. Créer des univers, voir des idées prendre forme et leur donner vie, voilà ce qui me passionne et avec le temps, j’ai fait le choix du cinéma comme espace et moyen d’expression.

2. Pourquoi cela et pas autre chose ?
Je suis une grosse paresseuse (rire) alors je préfère le divertissement.
Non, plus sérieusement, le cinéma et l’audiovisuel sont des domaines qui jouent un rôle super important aujourd’hui et sur le continent africain. On a besoin de professionnels chevronnés dans ces domaines pour raconter nos histoires et forger nos consciences. Aussi, je viens d’une famille d’artistes et de littéraires. J’ai commencé à écrire des histoires et dessiner très tôt. Je pense que je suis faite pour ça.

3. Pensez-vous avoir réalisé votre rêve ?
Je suis à mille lieux de mon rêve mais je pense que chaque pas m’y rapproche. Je rêve d’être une excellente réalisatrice, de réaliser des films cultes qui seront vus partout en Afrique et dans le monde. Le tout est de ne rien lâcher et de faire de son mieux. Néanmoins, je pense avoir réalisé au moins une chose : faire partie du milieu du cinéma en Côte d’Ivoire.

4. Comment ?
Eh bien, c’est par le travail et l’entêtement. Je suis une passionnée et quand je me décide, je suis aussi une grande bosseuse.
Je pars avec quelques lacunes. Aujourd’hui, les enfants naissent avec des caméras 5D dans les mains. Ce n’est pas mon cas. J’ai un grand gap à combler sur le plan technique mais je compense avec ma sensibilité artistique, mon sens du détail et l’organisation dans la production. Par exemple, la chambre d’un personnage dans un film doit refléter sa personnalité. La chambre d’un rappeur sera différente de celle d’un étudiant. On en tient compte dans le choix et l’habillage des décors, etc.
Aujourd’hui, j’ai la chance d’évoluer au sein d’une structure qui croit en moi et qui m’amène à travailler sur des projets divers et exaltants.

5. Du rêve à sa matérialisation, quel aspect a le plus marqué votre parcours ?
Je ne suis pas au bout de mon parcours mais il y a déjà beaucoup de choses qui m’ont marquée… Une que je peux citer c’est la réalisation de mon premier court-métrage de fiction intitulé : « 21« . Je n’avais pas de sponsor et pas encore de formation spécifique en cinéma mais je l’ai fait. Le film a été applaudi au Festival du film d’Oakland aux États-Unis et cela m’a fait chaud au cœur. C’était un premier pas. J’ai hâte d’en poser un deuxième et ce sera certainement avec mon premier long-métrage prévu en 2016.

6. Quels ont été les obstacles et comment les avez-vous surmontés ?
Les obstacles, c’est tous les jours.Le premier obstacle c’est le découragement et je ne peux dire combien de fois par semaine voire par jour il m’atteint. Je surmonte le découragement en me rappelant que j’ai un devoir, une mission. J’ai peut-être droit à l’erreur mais pas à la médiocrité ni à l’abandon. J’ai toujours été perçue comme une personne prometteuse et aujourd’hui, tenir la promesse n’est pas une option, c’est un must.
Le deuxième obstacle, c’est la galère. Quand j’étais dans ma chambre d’étudiante à San Francisco à manger des Corn Flakes pour le dîner, je me disais tout simplement que j’aurais de belles histoires à raconter à mes futurs enfants.
Enfin, un troisième obstacle majeur c’est la méconnaissance du cinéma sous nos cieux, de ses enjeux et de son importance. Nous avons un secteur pas très organisé et où les exigences de qualité sont variables. Résultat : les sponsors et investisseurs sont souvent difficiles à conquérir. Mais quand les gens n’y croient pas, il faut y croire soi-même et rester fidèle à ses principes de qualité. Les autres finiront par être conquis !

7. Si vous aviez en face de vous un jeune qui n’arrive pas à trouver sa voie, que lui diriez-vous ?
Je lui poserais deux questions :
• qu’est-ce que tu fais bien ?
• qu’est-ce que tu aimes faire?

8. Si vous n’étiez pas un Homme, qu’auriez-vous voulu être ?
Zut ! J’avais envie de dire que si je n’étais pas une femme j’aimerais bien être un homme pour avoir une femme qui me fasse à manger (rire). Mais bon, si je n’étais pas humaine, je serais peut-être un koala.

9. Pourquoi ?
Un Koala c’est rare, c’est mignon et que ça fait des câlins.

10. Qu’aimeriez-vous que l’on retienne de votre passion et de votre histoire ?
J’aimerais qu’on retienne mes films. J’en ferai de bien grands mais j’aimerais pour l’instant qu’on retienne que je suis une jeune africaine qui croit à la richesse culturelle de son continent, qui croit en l’expression artistique et à son impact sur la société. J’aimerais qu’on retienne que je suis une jeune femme qui vise haut et qui ira très loin par la grâce de Dieu.